Esloveniargentina
Périgrinations intellectuelles (autant que faire se peut!), anecdotiques, visuelles et autres de la part d'une petite française expatriée ...

Menu

Accueil
Qui suis-je ?
Archives
Album photo
Mes amis

Rubriques


Liens



Ce sera mon article “politiquement non correct” ...

Que ceux qui seront choqués par mes propos ou mes pensées à la fin, reviennent au début : ils avaient été prévenus ! Ça fait maintenant 2 heures que je tourne dans mon appartement et que j’essaie de ranger mes idées et pensées … en vain. Donc ça va sortir tout droit et tout chaud de ce qui me sert de cerveau.

 

Aujourd’hui mercredi, je n’ai qu’un cours – mais intense – : Systèmes politiques latino-américains comparés. Le prof est un syndicaliste engagé qui nous propose systématiquement des manifestations, des conférences alternatives – limites clandestines !!! - … : en gros, il ne mâche pas ses mots et a une vision assez critique (mais pas minimaliste comme certains syndicalistes français) de la politique argentine et latino-américaine. De plus – et comme beaucoup de profs ici – il utilise beaucoup les vidéos, documents iconographiques, etc … : cela permet de « fixer » les connaissances et de nous faciliter la tâche.

On a donc regardé un film-documentaire sur l’arrivée au pouvoir des militaires argentins en 1976, avec un « avant leur arrivée » et un « après leur arrivée ». Je vous épargnerais bien un cours d’Histoire argentine mais cela est nécessaire. Ce sera, cependant, un résumé. Après Perón et les quelques autres gouvernements civils ou militaires, le retour du péronisme populiste se fait grâce à/à cause de/par – aux choix ! –la 2nd femme de Perón, Isabelle qui fut assez controversée, même au sein du parti péroniste. Les militaires décidèrent donc d’intervenir et de prendre le pouvoir en Mars 1976. Je vous passe ce que tout le monde sait, c'est-à-dire les 30 000 disparus, les tortures, les morts, les attentats, la répression, … Le film était assez « choquant », d’autant plus que ça faisait le 2nd que nous voyions sur les années militaires en 2 jours … : de quoi faire de beaux rêves ! Mais après ce documentaire, un autre suivait … et c’est celui-ci qui me mène à écrire cet article. Il traitait de l’apprentissage des techniques utilisées par la junte militaire argentine, apprentissage fait grâce aux militaires et au gouvernement français ! Et là … stupeur !

Il me faut préciser que nous devons être une quinzaine dans ce cours mais que non seulement je suis la seule non-étasunienne mais en plus française … Lorsque l’on parle des Droits de l’Homme ou de l’architecture, je suis bien droite sur ma chaise et je fais la fière !! Et oui, vous avez beau nous envahir, on ne parle pas des EU dans ces cas là !!! Par contre, aujourd'hui, je me suis faite toute petite … et puis bien grande.

Peut-être que je n’ai pas été assez studieuse étant petite – quoi que vu le nombre de fois qu’on nous a appris la Guerre d’Algérie, je m’en souviendrais quand même ! – mais c’est un prof argentin et un documentaire argentin – interdit en France, oui oui interdit par le CSA – qui m’a appris l’Histoire de mon pays … Bien sûr je connais la Guerre d’Algérie, les méthodes « il-n’y-a-rien-de-moins-orthodoxe » utilisées sur place, le remerciement français fait aux Harkis et notre difficulté de mémoire face à ce sujet qui, plus de 40 ans après, attise toujours les tensions et les passions. Bien sûr je suis allée dans les expos, les musées, j’ai lu des livres, vu des films … sur la Guerre d’Algérie. Mais aujourd'hui, c’était inédit. Evidemment j’ai été touchée dans mon orgueil de « Française-petite-fille-de-la-Révolution », de Française dans un pays étranger – on veut toujours que notre pays soit le plus beau, le plus gentil, … (bon d’accord, peut-être moi plus que certains !) – et d’occidentale européenne qui voit toujours son petit monde comme le plus développé, le plus humain, le plus démocratique, le plus responsable … au regard du 2nd et Tiers-Monde. En visionnant le documentaire sur la dictature militaire en Argentine, je me suis dite que cela faisait 2 siècles que la France n’avait pas connu autant de terreur, alors même que cela ne faisait que 25 ans en Argentine et que, dans certains pays, cela existe toujours. Je me suis trouvée à la fois chanceuse et fière de mon pays ! Mais c’était sans compter – ou justement en comptant – le documentaire sur la Guerre d’Algérie qui m’a mis une grosse claque de retouralarealite-ouvrelesyeux.com, cocotte !!! Je connaissais l’existence de l’Ecole de Panama et des cours dispensés si généreusement par les militaires étasuniens à leurs compatriotes latino-américains … mais l’Ecole de Panama, bien que création de Washington, avaient des instructeurs français, arrivés tout droit par jet express d’Algérie, avec sous le bras le livre de chevet de tout bon militaire : La Guerre Révolutionnaire, guerre dite aussi « subversive ». Tout part de l’admiration qu’ont eue les militaires français pour l’organisation Vietminh : l’arrière – c'est-à-dire guérilla et population résistante – est plus important que les 1ères forces armées en 1ère ligne. Cette leçon, associée à quelques techniques sanguinaires, est la matière première de ce petit livre rouge (bleu et blanc aussi)… Agrémenté d’images, de films tournés sur le terrain et de témoignages d’« Anciens » (dont un avec un cache-œil à la pirate), ce documentaire a fait mouche. Je me suis faite toute petite devant une poupée qui s’appelait Chucky, j’ai un peu plus courbé le dos qu’à mon habitude – désolée Maman – et j’ai baissé les yeux … Le prof me regardait du coin de l’œil et a bien deviné que je tombais des nues !! Pas besoin de loi pour mettre en avant les effets positifs de la colonisation … !

Mais tout cela n’est du qu’à mon ignorance ou à une mémoire française partielle … Tout aurait pu s’arrêter là : je serais rentrée chez moi, « contente » d’avoir appris l’Histoire de France – et d’Amérique latine parallèlement ! – grâce à ce cours et j’aurait été un peu moins naïve sur mon pays…

Mais tout a dérapé lorsque j’ai senti et croisé un regard snobeur et faussement indigné : la leçon avait été assez cruelle pour aujourd'hui pour que cette blondasse texane – qui doit sûrement avoir un pseudo truck et rouler au pétrole de Papa – ne vienne en rajouter. Le chuchotement à sa copine – tout aussi blonde – a fait déborder le vase … Un « What’s up ? » a rugi du fond de ma gorge et j’ai enchaîné sans lui laisser le temps d’en placer une ! Le CSA décide du temps de parole accordé à chaque candidat – et il a voté en ma faveur – et décide des censures – heureusement pour elle, les mots quelque peu non politiquement correct sont sortis en français : donc pas de censure ! –. Elle voudrait peut-être me donner des cours de démocratie, d’amitié entre les peuples, de charité et d’humanité ? Les EU ont le don de se croire à la fois le Yin et le Yang … Le seul mot qu’elle a saisi, et pourtant, excepté les « mots pas gentils », j’ai parlé – enfin hurlé, je le reconnais – en espagnol – c’est fou d’ailleurs la capacité et la facilité qu’on a dans ces moments à parler dans une autre langue sans réfléchir – c’est « Abou Ghraib » ! Après cela, je lui ai laissé 5 secondes pour tenter une réponse, dans une salle de classe où personne (même pas le prof !) n’avait osé bouger ni dire un mot ! Mais son regard vide de toute intelligence et réflexion ainsi que ces espèces de grognements qui n’aboutissaient à aucune phrase cohérente m’a décidée à quitter la salle de tribunal : échec et mat.

 

Echec et mat pour plusieurs raisons. Déjà, je suis revenue de mon orgueil bien français – et bien moi aussi, avoue-on le ! – : échec et mat pour moi. Après, échec et mat pour moi de nouveau car l’énervement n’a pas été la bonne réaction – mais je me suis sentie toute légère après ! –. Ensuite, échec et mat pour la donneuse de leçon qui « ne voit que la paille dans l’œil de son voisin, sans voir la poutre dans le sien » et qui donne une image de nos amis du Grand Nord pas bien lumineuse et illuminée. Et enfin, échec et mat pour notre petit monde occidental, tant européen que nord-américain (la blonde incluse : allez, je suis pas rancunière !) : les œillères s’enlèvent généralement quand on devient grand …

 

 

PS : je tiens à ajouter que 1. je n’ai rien contre les blondes et 2. je n’ai rien contre les Etasuniens non plus (l’année à l’étranger nous ouvre un peu les yeux sur ce point d’ailleurs : on sort des clichés stéréotypés pour certaines personnes … mais on les épice un peu plus pour d’autres !).


Publié à 06:05 le 4-oct-2006
Ajouter un commentaire

Commentaire sans titre

je suis fière de toi ma fredouille!!! Mais j'avoue que je suis un peu moins fière de la France. sinon promis je réponds dès que possible à ton mail

Publié par Anonymous à 15:23, 5-oct-2006

Lien

Un petit pas pour l'Homme, mais un grand pas pour l'intégrité...

Tu regardes ces documentaires et tu enchaines directement sur le film de l'ex futur président des Etats-Unis sur le réchauffement de la planète?? Ou va ce P***** de monde?
J'aurais bien quand meme voulu te voir toute rouge d'énervement...
allez tcho

Publié par Zab à 08:04, 8-oct-2006

Lien

bravo

Mademoiselle Frede, au nom de feu le président de la République René Coty, nous vous decernons la médaille de la représentativité de notre grande et belle nation a l´etranger.

Veuillez agréer l´expression de notre plus sincère reconnaissance.

Phallus in Mexico, ministère des Poilus et de la mémoire de la France.

Publié par phallus in mexico à 16:21, 26-oct-2006

Lien