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Cette année, le Petit Jésus a été indigènement argentin et s’est montré plutôt discret. Tout d’abord parce qu’il n’y avait pas de crèche dans mon appartement mais aussi et surtout parce que le gouvernement de la « ciudad de BsAs » n’a certainement pas jugé bon d’investir dans des décorations, les caisses du gouvernement autonome, abondamment remplies après la levée des impôts, ayant vu une main magique s’emparer du précieux butin. Plus de pesos : pas de décorations. N’exagérons pas non plus : les centres commerciaux luxueux des quartiers luxueux et les entrées majestueuses des immeubles aux toitures piscinées se sont tout de même ornés de quelques guirlandes aux branches de sapin plastifiées le tout parsemé de neige artificielle résistant aux 40ºC, de boules dorées et argentées où se reflétaient les BMW et Mercedes garées le long du trottoir et de quelques nœuds rouges surdimensionnés. Et bien entendu, TV5 monde a passé le traditionnel « Père Noël est une ordure ».
Mon immeuble s’est soudainement vidé de ses locataires, rentrés dans leurs tendres foyers provinciaux. Alors, nous avons décidé de l’occuper et de festoyer Noël comme il se doit … ou plutôt comme il se peut. Nous avons donc pris notre courage à deux mains avec ma chère Ludi et nous nous sommes engouffrées dans le supermarché, le 23 dans l’après-midi … Erreur fatale ! Malgré le fait que nous n’allions pas du tout dans les mêmes rayons – nous cherchions le thon en conserve et la bière alors que les familles venues au grand complet se jetaient sur les têtes de cochon toutes cuisinées aux herbes de Provence « made in China » et le faux Champagne – nous y avons passé toute l’après-midi, dont 2 bonnes heures à faire la queue au pesage des fruits et légumes pour 2 gousses d’ail et à la caisse « envio a domicilio ». Sans compter les 4 heures nécessaires pour livrer 3 paquets … !
Arrive le fameux 24 … où l’ambiance de Noël n’était toujours pas au rendez-vous. Il faisait beau, il faisait chaud, il n’y avait aucune activité dans mon salon ni dans ma cuisine – où s’activent toujours, au ralenti, les oncles, tantes, cousins, cousines, chien … au milieu de ma mère qui jongle entre le thé à l’Orange, celui au Jasmin, le café, le jus d’orange, le chocolat chaud, les tartines, les croissants, les confitures maison, le beurre doux, celui au sel de Guérande et le nouveau « anti-cholestérol » – et je découvre de nouvelles piqûres de moustiques sur ma peau solarisée. Envoi des derniers mails pour savoir qui vient avec qui et avec quoi.
Depuis 18h nous nous sommes converties en bonnes maîtresses de maison avec Ludi : on mets les petits plats dans les grands pour recevoir les expats abandonnés ! Et le repas s’annonce digne des trois étoiles au Guide Michelin assorties des meilleurs commentaires du Parker Wines Book avec en vedette du soir : Quiche Lorraine maison façon Fred c'est-à-dire sans gruyère râpé, toast de foie gras reconstitué et tranché par le maître de l’Art, alias Ludi – qui a fait un travail remarquable –, et Gâteau au Yaourt aux morceaux de pêches croquants censés faire oublier l’omission de la levure. Les petits rats d’Opéra rendant le ballet féerique sont constitués de rangées de « tomates cerises », de pics « jambon-gruyère » et « tomates-gruyère », de petites saucisses à la Snack-ball et d’un festival de crudités accompagnées de leurs sauces. Tout cela s’activant autour d’une fontaine de Caïpirinha faite maison – où les morceaux de citrons sont coupés les yeux fermés et la glace est morcelée dans un torchon sur la rambarde du balcon par le chef d’orchestre Pierrot La Lune et pilée avec le manche d’une louche à soupe – et de cerveza « Quilmes » mais brune pour l’occasion. Le tout sur des airs rap, cubains ou disco. Vive le Vent car Il est né le Divin Enfant !
Nous avions bien évidemment engagé un DJ pour ce gala : radioblog.com, que notre Ambasador science potter a secondé, ce qui n’a pas nécessairement plu à toute l’assemblée.
Mais l’ambiance était bonne enfant : notre guest star, Nora, amie argentine juive rencontrée au Chili par notre gauchiste a acquis sont ticket d’entrée dans notre cercle très fermé grâce à son arrivée 1/2 h en avance – ce qui reste un exploit à noter, les Argentins arrivant systématiquement en retard – et à son bouquet de fleur. Elle a été suivie de prêt par Pierrot La Lune, le gauchiste parisien « Rive Gauche », qui avait revêtu une chemise noire, alors même qu’il ne voulait pas fêter « l’arrivée d’un petit juif arriviste » et « cautionner des siècles de massacres perpétrés par l’Eglise Catholique ». Clotilde, notre clown, avait passé une heure à choisir entre son tee-shirt « tête de mort » et celui à rayures bleues – elle a opté pour le 2nd choix – et est donc arrivée en retard et sans cigarettes, mais avec son bagou habituel qui a tout fit oublier. Nous sommes d’ailleurs partis à la recherche de la drogue douce … sans réussite : alors qu’à Once les Chinois fêtent Noël dans leurs arrières boutiques, à Palermo, tout était fermé et grillagé, même le seul Chinois du coin n’était pas visible. Et enfin le p’tit dernier, l’Ambasador, s’est fait désiré – sa grandeur lui mettant la tête dans les étoiles all the time, il en avait oublié son argent ce qui rend le voyage en taxi difficile – mais s’est fait pardonner en arrivant avec un sac-à-dos de montagnard rempli de drogue liquéfiée !
Nous étions donc enfin au complet pour fêter l’arrivée dans ce monde inhumainement humain du seul être mi-homme mi-divin.
Sa naissance a été célébrée … étrangement. A coups de feux d’artifice. Sur les bons conseils de notre invitée argentine, nous sommes effectivement montés sur mon toit pour admirer un Buenos-Aires by night illuminé de mille feux. Enfin certains quartiers de BsAs seulement et à vrai dire surtout Palermo – à la grande joie de Ludi ! –. Et oui, les feux d’artifices peuvent être privés en Argentine, et heureusement, parce que sinon, il n’y en aurait jamais : trop cher ! Alors, après le parcours du combattant – rebord de piscine à passer, rambarde à escalader, échelle de secours à monter, fosse à sauter –, un verre de vin blanc à la main – qu’il a fallu monter aussi ! –, nous avons perdu la notion du temps. Pas que nous ne sachions pas quelle heure était-il plus ou moins, mais juste nous nous serions crus au 14 Juillet ou au 15 Août, d’autant plus par cette chaleur. Pas d’apparition divine ni d’Esprit de Noël. Et pourtant nous avons regardé de tous les côtés : nous jouions à la girouette pour ne pas louper une miette des fusés tirées des balcons ou des toits d’immeubles. Mes voisins de toit, pas plus hauts que trois pommes, ont d’ailleurs perdu un œil dans la bataille et pas que ça d’ailleurs lorsqu’un bout de fusée est arrivé sur le balcon du dessous, le propriétaire n’étant, apparemment pas trop dans l’ambiance. Le lendemain Clarín – le quotidien national – titrait : « 338 heridos por artículos de pirotecnia y por el impacto de corchos de botellas en BsAs », sans compter les règlements de comptes, les assassinats et autres violences conjugales ou familiales. Nous aurions bien aimé aussi attraper une de ces espèces de montgolfières en feu qui s’élevaient vers la voûte céleste et qui retombaient telles des vieux papiers cartons. Sans succès, d’autant plus que Pierrot La Lune ne doit pas voir souvent la Terre d’Amstrong que les Étasuniens rêvent de coloniser : il était tétanisé dès que l’on s’approchait à moins de 2 mètres du bord ! Et dire qu’il devait nous protéger en ce soir de fête …
Les festivités touchant à leurs fins, nous avons refait Fort Boyard à l’envers … pour terminer tout habillé dans la piscine, buvant du Champaña à la bouteille. Les mecs étaient aux anges : leur adolescence est revenue à grands pas – où n’est jamais vraiment partie – : ils faisaient des bombes, noyaient les filles et se rinçaient l’œil face aux petits décolletés qui se trouvaient agrandi par l’effet de l’eau et/ou par les jupes qui flottaient à la surface et/ou par le blanc qui devenait d’un transparent translucide. Ça a failli tourner au bain de minuit en tenue d’Adam et d’Eve lorsque Ludi a poussé un cri d’appel à l’aide, son short et sa petite culotte étant aspirés par la bouche de la piscine ! Tels Pamela et Mitch, nous avons couru à son secours, tout en prenant soin de ne pas nous décoiffer et de rester toujours autant sexy.
De retour à l’appart face à la pénurie de breuvage alcoolisé et à la volonté farouche de certains de s’étouffer avec le « Gâteau au Yaourt aux morceaux de pêches croquants censés faire oublier l’omission de la levure », nous avons sauter de mon palier à ma baignoire, histoire de ne pas recréer une mini-piscine sur mon parquet. Nues comme des vers, les filles se sont affolées comme dans les films style American Pie lorsque les mecs devenaient insistant pour rentrer, attendant depuis 1/4 d’heure sur le palier ! On a donc mis sur notre dos ce qu’on trouvait, ce qui a donné une fashionned attitude assez particulière … mais à étudier ! Et pour faire dans le logique, on a toutes mis nos maillots comme dessous sexy ! Les garçons, qui s’étaient baignés en caleçon, ont donc remis leur « costards » de Noël sans rien dessous … Chacun son truc !
Pour se réchauffer un peu, nous n’avons pas pris de chocolat chaud mais un rhum pur avec glaçon – ce qui a aidé à faire passer le poufpouf du gâteau sans trop de difficultés ! –. Et, après quelques temps de discussions incompréhensibles, chacun a regagné sa tanière, encore trempé, les bras chargés d’affaires en tout genre, s’enfonçant dans les ténèbres de la ville. Sans trembler, l’esprit du Divin Enfant servant de bouclier. Cela faisait 4h30, heure argentine, que le Petit Jésus était né.
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Publié à 01:39 le 26-déc-2006 |
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On ne peut pas dire si c’est davantage pauvre que riche, si c’est davantage riche que pauvre ou si la pauvreté égale la richesse et la richesse la pauvreté … D’où le nom aux mille et une possibilités imaginatives : La Plata. Ville au ras-de-terre, quadrillée à l’étasunienne, les rues ont pour nom charmant des numéros qui permettent une impersonnalité séductrice. Entre les maisons Art Nouveau, Art Déco ou Post-modernistes qui ravissent les architectes, des maisons décrépies, aux façades défraîchies et tagées tentent une apparition couronnée de succès. Le gazon est, quant à lui, multicolore : il sert de baromètre bancaire. Il nous offre un panel de tous les verts que Dame Nature a offert à cette Terre : pas besoin de mélange savant pour faire accoucher un vert foncé, un vert « crayola » - qui se trouve être un espèce de verdâtre vert entretenu en début de mois et laissé à l’abandon en fin – ou un vert-jaune brûlé par les rayons UV qui essaie de survivre dans cet éventail verduré. Les policiers à cheval, au repos – ou en activité, tout dépend de la façon dont on définit l’activité policière argentine –, restent gentiment entre l’arbre et le monument au drapeau : le coin de yerba est bien vert, les montures équestres pouvant donc s’engraisser en toute liberté, à l’image de leurs monteurs. Aussi, face au bien-être suprême de leurs amis équidés à côté desquels ils passent leur journée, les deux costumés ne lâcheront-ils leur parcelle pour rien au monde. Entre réguler la bande de jeunes qui s’est installée en plein milieu du terre-plein, jouant des allumettes, étudiant les différentes formes coniques et découvrant qu’à défaut d’ouvre-bouteille, la chaleur du feu de camp clandestin permet d’augmenter la pression interne de la bouteille et de faire sauter la capsule alcoolisée, et satisfaire le besoin nutritif de leurs montures, nos deux zoophiles n’hésitent pas s’enraciner dans le coin, le regard fixe, droit devant, loin des jeunes. Les adolescents encore en couche culotte n’ont pas besoin de barbeler leur terrain, leur coin à eux, les parties de foot l’ayant fait pour eux. En plein milieu de l’avenue principale, que l’on distingue par les 2 fois 2 voies séparées par ce qui aurait du être, selon la photo exposée sur le permis de construire – permis de construire qui signifie de par lui-même que c’est L’Avenue de La Plata –, un gentil et joli parc, parc où les variétés d’arbres et de fleurs auraient pullulé, où les jeux d’enfants auraient animé cet espace pollué et où les bancs ombragés auraient attirés les abuelos aux histoires plus extraordinaires les unes que les autres. Rencontre entre trois générations qui se termine par un étrange melting-pot entre deux mondes non finis et non définis. Les cèdres et eucalyptus ont saigné de la sève pour colmater le trou du ballon de foot se dégonflant, les jeux d’enfants se sont avérés être d’un degré d’inclination idéal pour satisfaire le besoin sexuel innocent des tendres bambins et les adorables bancs en fausses pierres de taille ont accueilli volontiers les expositions « d’Art de la Rue », très en vogue en ce moment. A ceci il ne faut pas oublier la nature festive des Argentins : les paillettes de papiers publicitaires et de autres emballages plastiques pétrolés donnent une dimension « disco » à la ville, le vent les faisant virevolter à travers parcs et rues. Mais l’ambiance peut être tout aussi studieuse. Les buildings « made in Argentina » de 10 étages annoncent le quartier business. La variété architecturale variée de ces édifices se note par la variation des coordonnées géographiques autour de la place du business center. Vitrés et d’un rouge poissonneux, ils forment une barrière murale tournée vers le centre du monde : la place principale de la Plata. L’avenir des entreprises est alors tout assuré : il consistera en un permis de construire aux photos en 3D qui se finalisera par un dégradé de verts permettant l’entente cordiale entre jeunes et policiers. Ces FMN citadines ont l’appui d’un réseau de PME plus petites que moyennes et plus conservatrices qu’entrepreneuriales. Les échanges consistent en un crédit accordé et en un emprunt souscrit avec assurance de l’impossibilité du remboursement. L’investissement se matérialise par l’achat d’un panneau lumineux non relié à l’électricité ou non ampoulé. Le panneau sera fièrement installé au dessus - voir sur – les chapiteaux corinthiens, restes de l’architecture néoclassique et indiquera « Luminaires » à la peinture noire et ornée de rouge. La municipalité favorisant, à travers différents programmes, l’Art et la Culture, les almanecers, sortes de hyper-mini supermarchés où l’on trouve davantage de marques de lessives et outillages pour tout type de travaux que de produits alimentaires de 1ère nécessité, se font repeindre la façade avec une régularité et une variété de motifs impressionnantes par de jeunes artistes reconnus financièrement par les policiers mais, malheureusement pour eux, inconnus des casiers judiciaires – ou si peu –. Face à ce bouillonnement urbain, les taxis sont un élément colorateur dans la cité. Aux couleurs blanches et noires enthousiasmantes, la petite pancarte « libre » rouge apparaît dès lors comme un appel déprimant au client. Tout l’art du conducteur réside en un tour de cuadra – très utile à con compteur –, itinéraire qui doit être avalé par le client comme le camino incontournable pour arriver au point voulu Si si señor. Mais bon on peut bien se faire balader et le porte-monnaie cracher, les conducteurs étant toujours des gentlemen, ouvrant la portière tant aux dames, aux demoiselles qu’aux messieurs et de tout âge. Il faut dire aussi que l’ouverture de portière s’avère être un exercice assez complexe qui requiert une agilité exceptionnelle, d’autant plus que chaque taxi a, certainement par orgueil et pour se différencier de ses compagnons concurrentiels, sa manière bien spécifiquement spécifique d’ouverture : coup d’épaule tout en actionnant la poignée, abaissement du loquet de sécurité et ouverture magique, tirage de ficelle depuis la place conducteur qui met en branle tout un mécanisme réglé comme du papier à musique, et autres combinaisons mystiques. Le tout est de régler la course avant toute tentative d’ouverture, sinon cela peut alors durer quelques temps. Le taxi entretient aussi la ville : il évite à la municipalité un désherbage coûteux grâce à son émission subtilement gazeuse et favorise les paillettes disco par un geste très simple en apparence mais qui rend un fier service : la sortie de bras hors fenêtre et le lâchage du paquet vide de cacahouètes – service qui est également rendu par toute la communauté de La Plata, motorisée ou non –. Les cartoñeros, eux, évitent que de trop grosses paillettes viennent bouleverser et gâcher l’équilibre si difficilement mis en place par chacun. L’argent ainsi si intelligemment économisé se retrouve investi dans l’édification de monuments au « Drapeau National », au « Gal Belgrano » et à « Marx ». Ce dernier a cependant bénéficié d’une attention spécialement attentionnée. Il dispose officieusement d’un édifice qui lui est entièrement dédié : l’Université Nationale de La Plata. Le manque de moyens financiers et éducatifs est une obligation et un pré-requis que défendent fermement les étudiants qui sont très attentivement écoutés et entendus par la municipalité. A noter aussi l’incroyable transformation de cette ancienne prison militaire : les instruments torturants ont été reconvertis sans difficultés en ustensiles scientifiques et les petits manuels du « Parfait Militaire Obéissant et Courageux » et de la Loi Martiale ont été réutilisés comme manuels scolaires avec grand succès. Autant dire que Marx, Lénine, le Che et Castro peuplent les tee-shirts des bancs universitaires. Bancs universitaires dont personne ne sait s’ils sont en cèdres, eucalyptus, en acier-cordage ou en pseudo pierres de taille.
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Publié à 06:08 le 26-nov-2006 |
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Me voilà de retour dans ce petit Paris, qui ne l’est pas mais qui me « sert » de capitale pour un an à défaut de Paris après 4 jours à l’heure chilienne. C'est étonnant comme un petit filet de montagnes (filet long de 4 270 km, large de 175 kms et haut de 6 000 mètres tout de même !!) peut être un territoire souverain et une lande de terre si différente de son voisin argentin à seulement 175 kms !
Parties pour 5 nuits et 4 jours, les voyageurs n’avaient qu’exclusivement des œstrogènes et de la progestérone (mais malgré les 4 blondes, les 2 brunes n’ont pas compté pour des prunes !), hormones étasuniennes, californiennes et texanes, et de notre « Douce France, cher pays de notre enfance ». Tout s'est très bien passé (excepté un petit fait qui nous a -m'a- traumatisé, cf plus bas) : on a joué aux "touristes occidentales" par excellence avec nos appareils photos (mais on ne l'a pas fait à la « japonaise » c'est-à-dire qu'on s'arrêtait un peu plus longtemps devant les monuments!!), nos plans (certaine, on n'a pas de GPS intégré, mais à force de se perdre, on a pu voir toute la ville et on a fait notre sport quotidien !!!) et attention pas n'importe quel plan : le plan de l'office du tourisme avec les circuits historiques, artistiques, ... et les numéros pour les monuments qui « valent le coup » ; on avait aussi les lunettes de soleil et pour certaines le chapeau (désolée Papa : pas la casquette « San Francisco » : les Etasuniennes ont beau être patriotiques, elles ne le sont pas à ce point !!!!!) ; le sac-à-dos une fois derrière, une fois devant (faut bien bronzer des 2 côtés et éviter les marques très sexy des bretelles du sac !) ; la bouteille d'eau à portée de main ; les chaussures ultra confortables un peu à l'allemande ; le short routard.com bonjour ; notre montre en main pour maximiser le temps et surtout ne pas louper l'heure de la prochaine visite (en comptant une marge de « on-s'est-perdue-dans-la-ville » !!!) ; et notre 1/2 h réservée au « shop del museo » pour acheter un petit souvenir bien kitch ou mieux, le livre du musée !
Bon bien sûr, on était des filles ... alors on a fait les petits marchés artisanaux de bijoux et autres artifices faciaux superficiels ; on comptait 30 min par personne le matin dans la salle de bain (d'où les levers à 8h pour certaines et 9h pour d'autres .... mais on avait établi des « plannings douche » changeant chaque matin !) ; les 30 min du soir par personne pour se faire belle afin de sortir et les séances « maquillage » et crémage des coups de soleil ; les shorts certes routards mais toujours très « pin-ups » (la Mama étasunienne enrobée, bien blanche et habillée bien kitsch, ce sera pour plus tard !!!) ; une après-midi « plage » à peaufiner notre bronzage tout en faisant toujours attention aux marques disgracieuses du maillot mal positionné et aux mecs qui se rapprochent un peu trop avec leur regard relookeurs que l'on devine même à travers leur lunette de soleil style « St Tropez » à l'Amérique latine ; on a testé tous les types de cafés possibles (toujours assises à une terrasse au soleil !) ; les photos de nous toutes, à différents endroits, à différents moments, en différentes positions … ont fusé ; le rire distingué des nanas (multiplié par 6 attention ça donne !) en plein milieu de la promenade de Valparaíso ; les lunettes de soleil très fashionned et bien entendu, élément indispensable de la "chica" (= nana) : les boucles d'oreille très « soirée » avec plein de paillettes partout qui scintillent face aux rayons UV du soleil ; et enfin notre accent espagnol à couper au couteau qui, paraît-il, est très sexy !!!
Autant dire, donc, que nous avons très bien joué notre rôle durant ces 4 jours !!!
Et durant ces 4 jours, nous avons joué notre rôle à Valparaíso en primero. Ville toute en hauteur où les petites maisons très colorées ont l'air de tomber dans l'Océan Pacifique (en rage à ce moment : vagues hawaiennes !), petites maisons de tôles peintes de différentes couleurs, ce qui anime énormément cette cité balnéaire et typiquement touristique ; des points de vues magnifiques mais à dénicher dans les dédales des patios, ruelles, escaliers biscornus et autres passages secrets ; les allers et venues des funiculaires, assez impressionnants face au degré de la pente - quasi à la verticale- ; les différentes peintures et arts plastiques qui ornent les coins les plus insolites de la ville ; et bien sûr, le traditionnel tour « Sur les pas de … Pablo Neruda », de sa maison type « navire » à ses petits échappatoires secrets de tranquillité. Nous avons aussi eu aussi les discussions à l'auberge de jeunesse avec des « vrais Chiliens », comme se qualifient-ils eux-mêmes, qui nous ont fait goûter le locos c'est-à-dire calamars et autres crustacés et coquillages, crème fraîche, ail, piment et vin blanc - autant dire que le lendemain matin, on en mangeait toutes encore, même après le double lavage de dents au « Colgate fraîcheur menthe forte des Montagnes andines » !!! -. Et nous n'avons pas échappé au vin chilien ... qui, ma foi, n'est pas à la hauteur de sa réputation : le vin argentin le vaut bien !!!
Etant à Valparaíso, on a fait un saut à « LA station balnéaire » chilienne par excellence : Viña del Mar ! Excepté le nom, rien de très extraordinaire : on a été déçue ... C'est une sorte de mélange avec des grumeaux de La Grande Motte et des fazendas brésiliennes ... Petite ballade post-déjeuner sur le remblais et la plage, bordés de petits stands « artisanat local je t'arnaque ! » avec les traditionnelles photos et serviettes de plage « Bob Marley », les boucles d'oreille et bagues en plastique certifiées argent 950, et les élastiques et pinces pour cheveux rose criard !!! Mais nous nous sommes un peu crispées par la suite lorsqu'un gamin a tenté de m'agresser pour me voler mon sac - comme quoi je joue très bien la touriste ! - : après le choc et la peur passés, le gamin n'ayant embarqué que mon petit pull - que j'adorais : le salaud -, et après notre exaspération haineuse contre les « pacific blues » chiliens qui étaient à 2 mètres du lieu du « délit », sur leur vélo en train de faire bronzette se foutant totalement de ce qui m'était arrivé (et après Valparaíso se glorifie d'avoir la seule statue au monde d'Artémis n'ayant pas d’équilibrée sa célèbre métaphore de la balance de la justice ... !!!), le reste de la journée a été fréquemment ponctué de « les filles : attention à vos sacs, gamins en vue » et a marqué notre peau par la marque de notre sac sur notre superbe décolleté, sac que l'on ne lâchait plus du coup !
La nuit passée dans les bras de la Morphée chilienne et les 2 city tours nous ayant usés les pattes, retour à Santiago pour la découverte de la capitale chilienne. Alors qu'on s'étonnait toutes de la soi-disant richesse du Chili face à notre séjour à Valparaíso et Viña del Mar, Santiago nous a démontré que la réputation du décollage chilien n'était pas aérienne mais bien terrestre. Ville riche tant au niveau culturel qu'économique. Bien sûr les marques de la dictature sont présentes à tous les coins de rues – la Plaza Armada est la place la plus célèbre de la ville et s’y mêle, sans problème aucun, les statues de religieux et un concert d’un corps militaire - et la « nonchalance latinoaméricaine » nous a fait enrager ... ! Mais la yerba bien verte, les quartiers résidentiels chicos, les voitures, les autoroutes, le métro, le business center, etc : presque tout respire la Renaissance du PIB (pas tout non plus ... : il ne faut pas exagérer !), al contrario de BsAs où ceci n’est concentré que dans quelques endroits ! Là, on a vraiment joué aux parfaites petites touristes : suivant scrupuleusement le « paseo historico » orange du plan, on a arpenté le centre piétonnier, on a passé les 3/4 d’heure réglementaire au Musée d'Art Précolombien, on a bien évidemment fait un petit passage devant le bureau de Michelle Bachelet - bureau que l'on a entre-aperçu de loin à travers les drapeaux chiliens, les policiers, les barrières de sécurité, les rideaux et les volets -, on a continué notre petit camino urbain jusqu'au Mercado Central où, pays maritime et longuement côtier oblige, les étales de poissons foisonnent formant une auréole au centre de laquelle on a découvert une multitude de restaurants - spécialisés dans les plats très … poissonneux ! Qui l'aurait cru ? -, mais face à la pêche aux clients - surtout 6 filles les yeux grands ouverts et l'index constamment appuyé sur le bouton de l'appareil numérique -, on a décidé de sortir de cette ambiance animée de marché-restaurants pour continuer jusqu'au barrio qui reste animé même le dimanche. Là, à l'heure latino - c'est-à-dire 16h ! - on a rassasié notre pancha – dans un pseudo resto chilien dont on s’est rendue compte, à la fin forcément, que c’était une franchise de la marque vénézuélienne Brahma déguisée en lieu typiquement chilien !!! – pour pouvoir grimper jusqu'au funiculaire – oui parce que si le funiculaire nous fait monter sans effort jusqu’en haut de la Bellavista, il faut monter jusqu’au funiculaire !! –. Par 30ºC et pour 1700 pesos chilenos, on a eu le droit a un milk-shake « funiculaire parisien / œufs des stations de ski » : le funiculaire nous a amené jusqu'à la Virgen Maria qui, de son doigt pointé vers l'horizon, nous a offert une vue sur la plaine de Santiago - en 90 kms on passe de la plage aux pistes de ski ! -. Après nous avoir bénies - on ne sait jamais si un œuf se décroche - la Vierge de Santiago nous a proposé un petit tour en œuf d'une vallée à une autre : vue superbe de et sur la capitale chilienne … quadrillée à la étasunienne. Et notre journée s'est terminée par une rentrée tranquille à travers la "coulée verte chilienne", laquelle longe le Río Mapocho, jusqu'à notre auberge de jeunesse. Petite sieste pour certaines, internet pour d'autres ou encore discussion pour les dernières ... en attendant l'heure d'aller dans notre ultime restaurant chilien. L’entrée était accompagnée de quelques mots sur les lois homosexuelles, le plat de résistance était pimenté d’une discussion enflammée sur la religion catholique qui s’est terminé par une crème brûlée. Con suerte, le café con leche a tout apaisé grâce à sa saveur « tolérance religieuse » ! Mais la serveuse n’a même pas osé demander ses 10%, de peur de se faire carboniser ! En effet, les chiliens n’hésitent pas une seconde à préciser, en amenant l’addition – qu’il nous faut toujours vérifier, tant au niveau des plats choisis, des prix des plats, de leur quantité que du total final -, qu’elle attend 10% du total en tant que pourboire ! Et s’il n’y a pas au moins 10%, on peut facilement se retrouver séquestré dans le restaurant ou le bar !
Lundi matin après un coucher arrosé et à 3h du mat, puis un lever à 5h pour les plus courageuses et 5h30 pour les plus faignantes – c'est-à-dire Emery et moi : du coup la douche, on a oublié faute de temps ! -, préparation rapido de nos affaires et départ du minibus à 5h45 pour l’aéroport. Forcément on s’arrête en plein chemin à la station centrale de la compagnie de bus : on doit payer le trajet. Petit conflit oral et téléphonique entre notre guide – alias « Guía Chloë » –, le responsable des comptes de la compagnie de bus et l’auberge : on avait déjà payé les cocos ! Après 1/4 d’heure de tractations, nous voilà reparties pour l’aéroport, énervées et stressées par notre retard … Après les traditionnelles recherches de passeport et autre document officiel et obligatoire, enfouis au fond du sac qui n’est, nécessairement, pas rangé et les traditionnelles peurs de « je ne le trouve pas », petit tour au royaume du duty free et embarquement. Coincées pour 2 heures entre deux hommes d’affaires – à cette heure-ci, nous étions évidemment les seules jeunes pas réveillées, les bras embarrassés de paquets de toutes tailles que l’on n’arrivait pas à caser dans les petits logis prévus à cet effet, toujours trop hauts et trop encombrés d’ordinateurs et porte-documents -, on a terminé notre nuit … jusqu’à BsAs et ses 27ºC à 10h du matin !
La guerre a été menée avec succès pour avoir le plus rapidement possible un taxi et surtout avoir un prix correct ! Résultat des courses : 11h pilepoil à la fac, regards amusés de la salle face à notre arrivée fracassante avec tous nos paquets et notre sac – « ça sent la fin de weekend afuera de BsAs, ça ! » –, isolement dans le coin vu qu’on a zappé la douche – même si on est passé au toilette de l’avion histoire de se faire une petite toilette de chat – et on enchaîne sans problème sur la guerre évitée de justesse entre l’Argentine et … le Chili !
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Publié à 09:05 le 26-oct-2006 |
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Lorsqu’elle a lancée la question, ma réponse est venue si rapidement que je m’en suis étonnée … « Pourrions-nous vivre en dans un autre pays que la France ? » « Et où ? ». « Argentine, BsAs. ». Pourquoi cette ville m’attire tant, pourquoi je me sens comme Maurice, un petit poisson dans l’eau qui mange des mousses au chocolat – vie idéale pour un poisson rouge - ?
Pourquoi BsAs alors que je ne supporte pas Aix et Paris est - et reste – la cuidad de mi corazon ?
Ce n’est pas pour le climat – qui bien que tournant au beau – a été glacial et va être chaud humide – Dove déo Bonjour ! en perspective -. Ce n’est pas pour l’air pur : ambiances cigarettées et pollution de tous types expliquent certaines radios de poumons qu’on ne veut pas faire de peur de mourir d’une crise cardiaque. Ce n’est pas davantage l’exotisme d’un pays d’Amérique latine – qui, après les pays européens naturellement (et encore !), est certainement le pays le plus européanisé du monde –. Ce n’est pas non plus l’urbanisme vu mon envie de dynamiter certains bâtiments et ma propension à me paumer assez régulièrement. Ce n’est pas mon goût du risque face à mon expérience d’achat de billets de bus à Retiro aujourd'hui – gare ferroviaire de BsAs, c'est-à-dire un des coins les plus risqué de la ville- en petit débardeur décolleté … pas tous les jours facile d’être une fille – belle ou moche d’ailleurs, il s’en foutent –. Ce n’est pas pour les fêtes de mon voisin qui sont sympas 5 min mais qui au bout de 2 mois deviennent un peu trop récurrentes, surtout quand on voudrait au moins dormir 4 h par nuit – ce qui reste utopique ! –. Ce n’est pas non plus pour mon pouvoir d’achat : je n’ai pas de sentiment de supériorité économique et surtout ma banquière ne va pas tarder à appeler mes parents ! Ce n’est pas pour les « beaux Argentins » qui ne draguent que les « belles Argentines ». Ce n’est pas non plus pour les « beaux étrangers Erasmus » qui m’ont vu dans certains états « tue l’amour ». Ce n’est pas pour la Quilmes car je vais en rapporter de toute manière et, qu’elle soit délicieuse ou non, l’important c’est l’ambiance dans laquelle on la boit, non ? Ce n’est pas non plus pour les bars bondés où on ne s’entend pas parler – surtout si on prend en considération notre accent et notre vocabulaire limité ! –. Ce n’est pas pour les taxis certes peu chers mais qu’on ne trouve jamais quand on en a besoin – c'est-à-dire dans un coin paumé de BsAs à 5h du mat ou quand les giboulées d’octobre nous trempent –. Ce n’est pas pour l’envie de pouvoir répondre à la question « De dondé sos ? » « De BsAs ! » au lieu de dire « de Francia, exactamente de Paris » et d’avoir les réflexions typiques sur Paris, la France et les Français et les quelques mots français traditionnels …
C’est juste que je viens d’aller à la petite épicerie à côté de chez moi, en tongues-chaussons, futte glandagechezmoi.com, les cheveux à la madame-soleil-vous-dit-la-bonne-aventure, en débardeur taché, pas maquillée pour 2 sous, et pour seul bagage mes clés et 4 pesos en poche. J’ai fait 200 mètres dans la rue légèrement éclairée, mouillée, où les fleurs des arbres jonchent sur les pavés et où les vapeurs post-orage font penser à un vieux film en noir et blanc. Je suis rentrée dans l’épicerie. J’ai lancé un « Hola chicos ! ». J’ai reçu un « Che ! Hola Francesa ! ». J’ai pris mon pack de jus d’orange. Je suis passée à la pseudo-caisse. J’ai souri au niño du dueño qui me regarde toujours avec des grands yeux, comme si je venais de la Lune, depuis qu’il sait que je ne vis pas chez Papa-Maman, que je ne suis pas de « la capitale » et pire, pas d’Argentine. Je suis sortie en balançant cette fois-ci un « Chau chicos ! Hasta pronto ! ». Et je suis rentrée tranquillement chez moi. Sereine et heureuse.
Voilà pourquoi je pourrais vivre à BsAs.
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Publié à 10:26 le 11-oct-2006 |
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Que ceux qui seront choqués par mes propos ou mes pensées à la fin, reviennent au début : ils avaient été prévenus ! Ça fait maintenant 2 heures que je tourne dans mon appartement et que j’essaie de ranger mes idées et pensées … en vain. Donc ça va sortir tout droit et tout chaud de ce qui me sert de cerveau.
Aujourd’hui mercredi, je n’ai qu’un cours – mais intense – : Systèmes politiques latino-américains comparés. Le prof est un syndicaliste engagé qui nous propose systématiquement des manifestations, des conférences alternatives – limites clandestines !!! - … : en gros, il ne mâche pas ses mots et a une vision assez critique (mais pas minimaliste comme certains syndicalistes français) de la politique argentine et latino-américaine. De plus – et comme beaucoup de profs ici – il utilise beaucoup les vidéos, documents iconographiques, etc … : cela permet de « fixer » les connaissances et de nous faciliter la tâche.
On a donc regardé un film-documentaire sur l’arrivée au pouvoir des militaires argentins en 1976, avec un « avant leur arrivée » et un « après leur arrivée ». Je vous épargnerais bien un cours d’Histoire argentine mais cela est nécessaire. Ce sera, cependant, un résumé. Après Perón et les quelques autres gouvernements civils ou militaires, le retour du péronisme populiste se fait grâce à/à cause de/par – aux choix ! –la 2nd femme de Perón, Isabelle qui fut assez controversée, même au sein du parti péroniste. Les militaires décidèrent donc d’intervenir et de prendre le pouvoir en Mars 1976. Je vous passe ce que tout le monde sait, c'est-à-dire les 30 000 disparus, les tortures, les morts, les attentats, la répression, … Le film était assez « choquant », d’autant plus que ça faisait le 2nd que nous voyions sur les années militaires en 2 jours … : de quoi faire de beaux rêves ! Mais après ce documentaire, un autre suivait … et c’est celui-ci qui me mène à écrire cet article. Il traitait de l’apprentissage des techniques utilisées par la junte militaire argentine, apprentissage fait grâce aux militaires et au gouvernement français ! Et là … stupeur !
Il me faut préciser que nous devons être une quinzaine dans ce cours mais que non seulement je suis la seule non-étasunienne mais en plus française … Lorsque l’on parle des Droits de l’Homme ou de l’architecture, je suis bien droite sur ma chaise et je fais la fière !! Et oui, vous avez beau nous envahir, on ne parle pas des EU dans ces cas là !!! Par contre, aujourd'hui, je me suis faite toute petite … et puis bien grande.
Peut-être que je n’ai pas été assez studieuse étant petite – quoi que vu le nombre de fois qu’on nous a appris la Guerre d’Algérie, je m’en souviendrais quand même ! – mais c’est un prof argentin et un documentaire argentin – interdit en France, oui oui interdit par le CSA – qui m’a appris l’Histoire de mon pays … Bien sûr je connais la Guerre d’Algérie, les méthodes « il-n’y-a-rien-de-moins-orthodoxe » utilisées sur place, le remerciement français fait aux Harkis et notre difficulté de mémoire face à ce sujet qui, plus de 40 ans après, attise toujours les tensions et les passions. Bien sûr je suis allée dans les expos, les musées, j’ai lu des livres, vu des films … sur la Guerre d’Algérie. Mais aujourd'hui, c’était inédit. Evidemment j’ai été touchée dans mon orgueil de « Française-petite-fille-de-la-Révolution », de Française dans un pays étranger – on veut toujours que notre pays soit le plus beau, le plus gentil, … (bon d’accord, peut-être moi plus que certains !) – et d’occidentale européenne qui voit toujours son petit monde comme le plus développé, le plus humain, le plus démocratique, le plus responsable … au regard du 2nd et Tiers-Monde. En visionnant le documentaire sur la dictature militaire en Argentine, je me suis dite que cela faisait 2 siècles que la France n’avait pas connu autant de terreur, alors même que cela ne faisait que 25 ans en Argentine et que, dans certains pays, cela existe toujours. Je me suis trouvée à la fois chanceuse et fière de mon pays ! Mais c’était sans compter – ou justement en comptant – le documentaire sur la Guerre d’Algérie qui m’a mis une grosse claque de retouralarealite-ouvrelesyeux.com, cocotte !!! Je connaissais l’existence de l’Ecole de Panama et des cours dispensés si généreusement par les militaires étasuniens à leurs compatriotes latino-américains … mais l’Ecole de Panama, bien que création de Washington, avaient des instructeurs français, arrivés tout droit par jet express d’Algérie, avec sous le bras le livre de chevet de tout bon militaire : La Guerre Révolutionnaire, guerre dite aussi « subversive ». Tout part de l’admiration qu’ont eue les militaires français pour l’organisation Vietminh : l’arrière – c'est-à-dire guérilla et population résistante – est plus important que les 1ères forces armées en 1ère ligne. Cette leçon, associée à quelques techniques sanguinaires, est la matière première de ce petit livre rouge (bleu et blanc aussi)… Agrémenté d’images, de films tournés sur le terrain et de témoignages d’« Anciens » (dont un avec un cache-œil à la pirate), ce documentaire a fait mouche. Je me suis faite toute petite devant une poupée qui s’appelait Chucky, j’ai un peu plus courbé le dos qu’à mon habitude – désolée Maman – et j’ai baissé les yeux … Le prof me regardait du coin de l’œil et a bien deviné que je tombais des nues !! Pas besoin de loi pour mettre en avant les effets positifs de la colonisation … !
Mais tout cela n’est du qu’à mon ignorance ou à une mémoire française partielle … Tout aurait pu s’arrêter là : je serais rentrée chez moi, « contente » d’avoir appris l’Histoire de France – et d’Amérique latine parallèlement ! – grâce à ce cours et j’aurait été un peu moins naïve sur mon pays…
Mais tout a dérapé lorsque j’ai senti et croisé un regard snobeur et faussement indigné : la leçon avait été assez cruelle pour aujourd'hui pour que cette blondasse texane – qui doit sûrement avoir un pseudo truck et rouler au pétrole de Papa – ne vienne en rajouter. Le chuchotement à sa copine – tout aussi blonde – a fait déborder le vase … Un « What’s up ? » a rugi du fond de ma gorge et j’ai enchaîné sans lui laisser le temps d’en placer une ! Le CSA décide du temps de parole accordé à chaque candidat – et il a voté en ma faveur – et décide des censures – heureusement pour elle, les mots quelque peu non politiquement correct sont sortis en français : donc pas de censure ! –. Elle voudrait peut-être me donner des cours de démocratie, d’amitié entre les peuples, de charité et d’humanité ? Les EU ont le don de se croire à la fois le Yin et le Yang … Le seul mot qu’elle a saisi, et pourtant, excepté les « mots pas gentils », j’ai parlé – enfin hurlé, je le reconnais – en espagnol – c’est fou d’ailleurs la capacité et la facilité qu’on a dans ces moments à parler dans une autre langue sans réfléchir – c’est « Abou Ghraib » ! Après cela, je lui ai laissé 5 secondes pour tenter une réponse, dans une salle de classe où personne (même pas le prof !) n’avait osé bouger ni dire un mot ! Mais son regard vide de toute intelligence et réflexion ainsi que ces espèces de grognements qui n’aboutissaient à aucune phrase cohérente m’a décidée à quitter la salle de tribunal : échec et mat.
Echec et mat pour plusieurs raisons. Déjà, je suis revenue de mon orgueil bien français – et bien moi aussi, avoue-on le ! – : échec et mat pour moi. Après, échec et mat pour moi de nouveau car l’énervement n’a pas été la bonne réaction – mais je me suis sentie toute légère après ! –. Ensuite, échec et mat pour la donneuse de leçon qui « ne voit que la paille dans l’œil de son voisin, sans voir la poutre dans le sien » et qui donne une image de nos amis du Grand Nord pas bien lumineuse et illuminée. Et enfin, échec et mat pour notre petit monde occidental, tant européen que nord-américain (la blonde incluse : allez, je suis pas rancunière !) : les œillères s’enlèvent généralement quand on devient grand …
PS : je tiens à ajouter que 1. je n’ai rien contre les blondes et 2. je n’ai rien contre les Etasuniens non plus (l’année à l’étranger nous ouvre un peu les yeux sur ce point d’ailleurs : on sort des clichés stéréotypés pour certaines personnes … mais on les épice un peu plus pour d’autres !).
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Publié à 06:05 le 4-oct-2006 |
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Tu as enduré mes ongles lors des films d'horreur sans hurler de douleur, mes bourrages de gueule (et ce qui sort après) sans me faire de leçon de moral, tu m'a soutenue pendant les partiels, tu dormais tout près de moi, tu laissais courir les sales blagues sur nous deux - ça ne valait pas la peine de répondre -, tu as essuyé mes larmes, tu m'as regardée rire avec amour, tu m'as suivie dans tous mes délires sans honte, , tu me tenais le jeans quand il tombait, on allait à toutes les soirées ensemble, tu connaissais toute ma famille et mes meilleurs potes, tu as même fait un petit voyage en Argentine, … et moi qui t'ai abandonné et suis revenue te chercher sans que tu t'offenses, qui t'ai lâché dans la boue, qui t'ai torturé, qui t'ai griffé si ce n'est giflé, qui t'ai déchiré ... Voilà, face à tout ce que tu as fait pour moi et voilà la manière dont je t'ai remercié ... et bien tu es parti, tu m'as laissée toute seule dans ce monde de brutes ... Alors je vais crier, crieeeer, Doudou pour q'tu reviennes, et je vais pleurer, pleureeeer, oh oui j'ai trop de peine!
Oui je vous annonce, douloureusement, le décès prématurément de mon compagnon de route depuis maintenant 2 ans : mon doudou. Il est mort ce jour, aux alentours de 15h, dans les rues de Buenos-Aires.
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Publié à 04:53 le 26-sep-2006 |
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On est lundi, il est exactement 14h22 ici à BsAs … et petite pensée spéciale pour les Aixpats … surtout ceux à l’Université … Et oui, j’avais oublié ce fait pendant 2 mois, mais les partiels commencent ce lundi à 19h …
Alors autant dire :
- que la motivation est au plus bas (pire qu’à Aix !) : les Etasuniens sont partis faire du camping à Córdoba, une partie des Français est allée à Iguazu ou Sao Paulo, les Italiens ont traversé le Rio jusqu’à Montevideo (dit MTV aussi !!!!), les autres ont fait bronzette sur la plage et se sont faits exploser les tympans au festival de musique de BsAs (dit le « Pepsi Tour » … sorte de « NRJ Music Tour » mais en nettement mieux !!!). Pas besoin de préciser que le lever du soleil n’a été aperçu par aucun de nous ce weekend, excepté ceux qui n’ont pas dormi … ou ont retrouvé leur lit plus tard dans la matinée !!! Et pourtant c’est tellement agréable de réviser ces cours, allongé dans un tranzat avec son café et sa clopinette tout en regardant le jour poindre son nez …, non ??? !!! Pour info personnelle, sachez que mes habitudes de petite fille changent : la nuit du vendredi au samedi a été 100% blanche pour moi (et sans sieste à 14h !!) et que celle du samedi au dimanche a duré de 4h30 du mat (j’étais un peu fatiguée quand même !!!!) à 13h … et oui il n’y a pas qu’à Mollans où je me lève après le « Juste Prix » !!!!! Du coup le temps d’émerger, de discuter avec mon Yan, de regarder les dernières news sur internet, de préparer la soirée du dimanche soir … il ne me restait que 2 h avant l’apéro de 19h, Plaza Serrano – endroit de rêves pour tous les étudiants !!! – … Oui oui oui je sais, on se trouve les excuses que l’on peut quand le thermomètre « motivation partiels » est au plus bas… !
- que si notre conscience nous moralisait un peu à Aix en nous disant « vraiment tu fais toujours tout à la dernière minute » … ici, elle me dit : « tu ne fais rien » … Mais comme elle a du mal à s’exprimer en castellaño, ses résultats sur mon niveau de culpabilisation sont nuls !!!!
- qu’on a tendance à maudire ceux qui sont en stage à servir du café et à faire des photocopies ou les planqués en Ambassade avec leur « visa de courtoisie » à zéro €, à se bourrer de petits fours et de champagne lors des cocktails quotidiens … Ce soir à 19 h ils seront devant une bière avec des potes … D’un autre côté (on se remonte le moral comme on peut) on se dit qu’au moins on ne perd pas le rythme –même si « rythme » est un bien grand mot !!! – que les petits glandeurs auront du mal à reprendre en 4ème année, noyés entre les cours, les partiels, le rapport de stage, le mémoire et le stress du grand O … : chacun sa merde !
- qu’on a quand même le stress du 1er partiel : notation des profs qu’on ne connaît pas, langue qu’on ne maîtrise pas, Histoire de l’Argentine dont on a qu’une très très vague idée, … Vu qu’on peut fumer en cours, peut-on fumer pendant les partiels ? On peut sortir aux toilettes aussi ??? Bon heureusement que la 1ère note – qu’on m’a rendue ce matin après 2 heures de panique totale : et oui les profs ont des techniques universelles, du style « j’ai corrigé les copies, il y a de bons devoirs mais certains élèves ont des lacunes ou n’ont pas cerné le sujet. Vous viendrez chercher les copies à la fin du cours, afin que vous restiez concentrés… » : les gouttes de sueur perlaient sur tous les fronts … enfin comme d’hab, certains mâchaient tranquillement leur chewing-gum en envoyant des textos et en se battant les reins des copies et des notes !! – oui, la 1ère note a mis du courage dans mon petit corps et ma petite tête !!! OUF !
- que le stress nous fait lever à point d’heure le matin des partiels : la tête embuée, on commence par chercher ses feuilles de cours, à se rendre compte qu’ils nous en manquent – et donc à envoyer des textos à 4h du mat et à se voir répondre : « Connasse, je dormais ! » sans pour autant avoir l’info recherchée –, à barioler de toutes les couleurs nos pauvres notes, à chercher l’orthographe exacte du mot dans le dico – mot qui n’existe pas forcément –, à renverser traditionnellement le café sur la feuille et de voir désespérément l’encre se diluer, à recevoir un appel à 7h30 parce que celui qu’on a joint s’est finalement levé et est finalement en panique lui aussi, à se prendre la tête sur des détails que personne ne nous demandera mais qu’on aura finalement super bien compris, à passer en deux-deux sous la douche, habillée n’importe comment, les cheveux dégoulinant tout comme le mascara qu’on a oublié d’enlever et à partir en retard comme d’habitude, se boutonnant le jeans dans la rue et en s’apercevant, arrivée à l’université qu’on ne sait ni la salle de l’épreuve, qu’on a oublié sa convocation et son nouvel effaceur ... !!!
Finalement c’est pas très différent d’Aix les partiels … on verra si c’est 100% conforme lors des résultats !!! Ce qui reste sûr, c’est la traditionnelle soirée post-partiels … et comme on a 4 sessions de partiels en Argentine, il y a plus de soirées … !!!!
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Publié à 04:25 le 25-sep-2006 |
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On dit souvent que BA est un petit Paris … Alors désolée pour les Parisiens chauvins et orgueilleux qui pensent que Paris est un modèle mondial, mais en tant que Parisienne de cœur, je vais casser le mythe … ! C’est aussi ça la chauvinisme : notre ville est UNIQUE ! Mais attention aux mauvaises interprétations : si je suis la 1ère à clamer la différence merveilleuse du Paname de Renaud, cela signifie que chaque ville a, heureusement, sa particularité, son charme !! En gros : BsAs, te quiero !
Bon déjà au plan géographique. BA est beaucoup plus grande que Paris : ses tentacules s’étendent sur 203 km2 (alors que le poids kilométrique de notre petite – mais tellement belle – capitale n’est que de 105,40). Et nous devons rajouter que tout une partie de la capitale argentine est bordée par le Río de la Plata : aucune extension possible de ce côté donc … Après, le plan urbanistique au sol a un arrière goût étasunien : un quadrillage de rues parallèles et perpendiculaires, qui joignent un bout de la ville à l’autre. Autant dire qu’il vaut mieux savoir le numéro exacte de la rue : entre le 29 et le 5 029 il y a 5 kms … Oui parce qu’en plus, chaque rue en coupe une autre tous les 100 m : les numéros des rues sont, ainsi, la distance en mètres entre les portes d’entrée et le point « km 0 ». Ex : mon appart est au 6 040 Guatemala, c'est-à-dire que ma porte d’entrée, qui est sur l’avenue Guatemala, se situe à 6 040 mètres du point de départ « 0 » (situé dans le micro-centre)… ! Très rationnel comme système organisationnel non ? Chose impensable en France, même si nous sommes les petits-enfants de Descartes … Certainement trop « Grand Nord américain » ! Mais bon, à défaut d’avoir des avenues immenses, nous avons des avenues bellisimas, non ? D’ailleurs ne dit-on pas que « plus c’est petit, plus c’est mignon » ? Imaginez des Champs-Elysées de 20 kms ? Tout le charme serait perdu …
Tiens tiens, on dérive sur l’architecture … (bizarre, bizarre !). Certes les relents haussmanniens amenés par l’Océan atlantique sont bien présents … mais il manque quelque chose à ce bagage : l’âme parisienne n’a pas envahi la ville argentine. Et heureusement ! BA a son propre esprit qui est une sorte de préparation culinaire : un mélange d’immeubles typiquement parisiens mais avec une pointe d’épices étasuniennes, le tout abondamment saupoudré de latinité. C’est comme un gâteau qui, d’extérieur apparaîtrait comme « raté » parce que non-conforme à la photo de la recette, mais qui serait délicieux intérieurement pour notre palais ! Sorte de fondant au chocolat déliquescent mais tellement chocolaté et fondant … ! C’est d’ailleurs toujours meilleur quand l’enveloppe cache des trésors …
Mais bon, pour la petite parisienne butée que je suis, c’est toujours très agaçant de se voir demander si Paris ressemble à BA … Les pauvres : ils m’ont déjà énervée, avant même de me poser cette question. En effet, il faut toujours qu’ils se sentent obligés de sortir les quelques traditionnels mots français qu’ils connaissent – ce qui devient très très saoulant à la fin, il faut bien l’avouer –, comme « Bonjur Mâdame », « Comment tú t’appel ? », « Moi cé … », et après on passe au registre musical avec l’incontournable Manu Chau « Je ne t’ème plus mon amourrrr » et on dira aussi un grand merci à Christina pour sa contribution linguistique « Vulez-vus cucher avec moi ce soir ? » !
Mon seuil de patience a donc presque déjà atteint son degré maximal supportable et vital avant même la question fatidique !!! Si Paris ressemble à BA ? Non mais quoi ??? En premier lieu, j’essaie d’expliquer, au pauvre malheureux qui m’a posé cette question, que sa phrase est linguistiquement et grammaticalement incorrecte : il y a inversion entre le comparant et le comparé. Eh oui ! Paris étant beaucoup plus vieux que BA, ce n’est que BA qui peut ressembler à Paris … et non l’inverse ! Non mais ! Bon je confesse que, généralement, ils ne comprennent pas tout, vu mon aisance en espagnol … ! Alors après quelques minutes d’explications tortueuses, on laisse tomber la subtilité – qui me semble quand même de taille !!! –. Il y en a certains qui, abattus par mon explication (explication toujours très enflammée), lâchent l’affaire de la ressemblance entre les 2 capitales. Mais comme partout, il y a des warriors : certains reveulent encore un peu de mon espagnol chaotique et laborieux, assorti de gestes démesurés et ponctué de petits mots français pas forcément sympathoches !!! Ah tu penses vivre dans la Mère de Paris ??? Et bien sache, coco, que tout d’abord BA ne peut être que la fille de Paris mais qu’en plus Paris est protégé de toutes copies frauduleuses … Che !!! Est-ce que tu as une Tour Eiffel, un Arc de Triomphe, un Trocadéro, un Champs de Mars, un Sacré Cœur, des Champs-Elysées, un Montmartre, un Opéra Garnier, une Conciergerie, Notre-Dame, une Bastille (symbole de la Révolution quand même !), une Place Vendôme, un Palais du Louvre aux 666 carreaux triangulaires diaboliques … ???? Ah non hein ???!!! Et en plus il n’y a même pas de quartier latin !!!! Même Chinatown ne ressemble pas au 13ème, si c’est pour dire !!!!!!!!!!!! Bon généralement, à ce moment là, on me demande gentiment d’arrêter mon scandale parce qu’ils nous reste encore bien 6 kms avant d’arriver et que ce serait bien qu’on puisse rester dans ce taxi jusqu’à notre point d’arrivée ou qu’on ne nous empoisonne pas au resto !!! Les p’tits joueurs : on voit bien qu’ils n’habitent pas Paris !!!
Du coup mon interlocuteur qui a survi (il y en a peu quand même !!!) tente de changer de sujet, histoire de détendre l’atmosphère, en me branchant sur la mode parisienne … Alors là ça se calme un peu … !!! Oui c’est assez étrange : on est victime du stéréotype « Paris, capitale mondiale de la mode ». Les Argentines (plus que les Argentins) sont beaucoup plus fashionned que les Parisiens et Aixois les plus « in » !!!!! On ne représente pas, de ce côté, la France et surtout pas la vision qu’ils ont de Paris … On a l’air de ploucs ambulants avec nos jeans normaux, nos tee-shirts classiques et nos baskettes « il-n’y-a-rien-de-plus-normal » !!! La mode argentine est à la mesure de BA : non seulement il n’y a pas de juste milieux mais en plus elle est tournée vers l’Ancien Monde. Soit les filles sont supra chicos c'est-à-dire bottes talons aiguilles, jeans troués mais juste ce qu’il faut – à 500 € le jean tout de même, alors les trous sont très très bien faits – assorti d’un petit haut en soie beige et complété par un montón de bijoux, les cheveux longs, bruns, et ultras lisses (et oui « Elsève l’Oréal hydra lisse » fait un carton !!!) et cerise sur le gâteau, les lunettes Dior très VIP tout comme le sac Vuitton. Soit c’est du gothique fashionned : mini-jupe en jean effilée, collant rayé rouge et noir (troué nécessairement), Converses à carreaux blanches et noires, mitaines et un débardeur-tee-shirt indescriptible, le tout coiffé d’une coupe rasée en dessous, longueur au dessus et multicolore … !
D’ailleurs question : je balance de quel côté ? Petite femme d’affaire de 21 ans ou new look punk-gothique gentil ?
Par contre, là où on a un bon point, c’est du côté perfumes : toutes les Françaises ont des parfums qui enchantent les minettes comme les gauchos en herbe !
Ce qui m’amène au sujet brûlant de la drague argentine !!! Tout un art ! Alors pour être tout à fait sincère, au début c’est très agréable : dans le métro, le bus, la rue, le resto, le bar et en boite nécessairement (mais ce n’est pas non plus leur lieu de prédilection !), on a le droit à tout un tas de compliments. Bombóm, Dulce, Mina, Que linda, Chica guapa, …pour les plus usuels ! Bon après on déchante vite quand on se rend compte qu’ils draguent tout ce qui bouge et qui a une apparence féminine (même quand il y a des doutes, ils foncent : « On ne sait jamais, sur un malentendu, ça peut toujours marcher ! »). C’est plus trop gratifiant du coup (oui oui, j’avoue : 100% question d’orgueil féminin !) !!! Mais après ça devient vraiment très lourd !! Explications : au début, on trouve ça moins agressif que les sifflements des mecs dans le métro parisien, que leurs réflexions ou encore même que les techniques italiennes … Mais par la suite, comme ils ne s’arrêtent jamais … En plus il faut bien rajouter 2 choses pour cerner la drague argentine dans toute sa splendeur. La 1ère est culturelle : ils sont machos au possible, du coup quand ils te payent un verre ce n’est pas par gentillesse mais juste par machisme : comment, nous, filles de la Révolution française et de la Déclaration des Droits de l’Homme pouvons-nous accepter ceci ? La 2nde est linguistique : on doit avoir l’air un peu conne avec notre accent, notre difficulté à nous exprimer et nos sourires qui disent « je comprend rien à ce que tu racontes ! », et du coup, ils se disent « C’est dans la poche ! », pero no es escrito « Estupida » sur notre front chicos !!! On se fait prendre 2 ou 3 fois, traiter de hija de puta parce qu’on refuse d’aller chez eux à 3h du mat toute seule après avoir passée une soirée où on n’a pas dépensé un centavos de pesos ; mais après on met au point ce qu’on a appelé « la estrategía de las chicas extranjeras » : connaître un maximum possible d’Argentins différents pour dépenser le moins possible !!! Œil pour œil, dent pour dent !
Alors face à ça, on trouve que les Italiens sont des petits joueurs, et d’ailleurs ils sentent bien qu’ils jouent, ici, dans la cour des grands !!! Ils sont très frustrés de se faire piquer leur stéréotype !!! Alors, comme on ne voudrait pas qu’ils dépriment, on accepte qu’ils nous payent des verres aussi !!! Que chicas diabolicas somos !!!!!
Résultat du match : Paris et BsAs ne pourraient pas se jumeler, les Françaises passent pour des pouilleuses vestimentairement parlant (surtout que dans les 32 kgs de bagage, on n’emmène pas toute notre garde de robe !) mais sont des ensorceleuses professionnelles !
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Publié à 02:01 le 21-sep-2006 |
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Lever : 11:30, après avoir traînasser au lit pendant une bonne demi heure …. Préparation d’un verre de jus d’orange et d’un submarino (cosa demasiado dulce : c’est du lait chaud – coupé avec un peu d’eau, histoire d’aider à la digestion !!! – avec une ou deux barres de chocolat qui fondent à l’intérieur … : en un mot c’est du grand art culinaire !!!!). Je sirote le tout assise sur ma terrasse, regardant très nostalgiquement les feuilles des arbres se balancer et Papi lire son journal sur le balcon d’en face, cigarette et café à portée de main. J’ai le droit à un respectueux « Hola ! » assorti d’un signe de tête et d’un sourire qui en dit long sur sa vie, sourire qui me demande si, moi, jeunesse argentine, vais pouvoir changer les choses … Et là, en écoutant le bruit si symptomatique et si agréable du café qui coule, et en humectant cette odeur cafetée, je pars en pérégrinations intellectuelles sur l’Argentine …
Le grand scandale du moment est le procès (30 ans après) des responsables des disparitions et tortures durant le régime dictatorial-militaire de 76. Une loi a été votée après la chute de ce régime : elle stipule que ce sera seulement les « hauts responsables » militaires qui seront inquiétés – judiciairement parlant. Le petit sergent qui devait obéir aux ordres de son supérieur ne peut pas être condamné : la hiérarchie militaire lui interdisait de désobéir, sous peine d’être fusillé. Aussi, en ce moment, quelques grands massacreurs argentins subissent-ils les assauts de quelques juges audacieux et courageux. Oui mais voici : tous les responsables – rien que le terme « responsable » est polémique – sont soit morts soit exilés soit appuyés par de hauts responsables – politiques cette fois-ci ! –. Tache ardue ! Les discussions sont aussi très vives face à cette loi d’amnistie des « seconds » : peuvent-ils s’en tirer si facilement seulement sous prétexte qu’ils n’étaient pas haut gradés ? Alors sachant que dans ce pays, le quart de la population à cette époque était (et est) péroniste, un autre quart soutenait (et défend toujours avec nostalgie) le régime militaire, le troisième quart était résistant (souvent extrémiste de gauche, responsable de bon nombre d’attentats meurtriers), et, enfin, le dernier quart … attendait : autant dire que ce sujet est plus que sensible …
Deux solutions semblent possibles pour résoudre ce conflit interne. Soit une entité judiciaire externe (voire internationale) se charge du dossier – le problème est que les Argentins pensent qu’elle sera forcément sous la coupe de l’ennemi du Grand Nord … Soit c’est la nouvelle génération qui règle l’affaire – la difficulté étant cette fois-là que non seulement ces enfants descendent forcément d’un des quart de la population mais aussi ils ne veulent surtout pas rentrer dans ce conflit si meurtrier tant physiquement que psychologiquement.
Comment faire ? Ce n’est pas les 2 juges qui se courent après, soumis à nombre de pressions tant physiques, psychologiques que financières – la corruption étant une tradition presque constitutionnelle en Argentine –, qui vont pouvoir, même avec tout le courage du monde, trouver une solution …
De plus, se rajoute à ceci la question de la mémoire. Las abuelas locas de la Palza de Mayo (grands-mères et mères d’enfants disparus qui défilent, tous les jeudis devant la Casa Rosada – sorte de Palais de l’Elysée – en demandant où sont leurs enfants et petits-enfants disparus …) ne peuvent pas faire leur deuil : les corps jetés dans l’Océan ne seront jamais retrouvés, c’est une certitude. Dès lors, comment se recueillir sur une tombe ?
Il est en effet connu qu’un procès et le rapatriement d’un corps sont souvent nécessaires pour « passer à autre chose ». Pas forcément pardonner, mais au moins avancer.
Voilà aussi un des grands défis argentins … qui a commencé en 1946 et qui se note encore aujourd’hui, et avec force ! Les Argentins devront se contenter d’une mémoire partielle, enrobée de tout un tas de mythes sociaux, de passions amoureuses et haineuses, de non-dits et de « trous de mémoire » …
Alors, Papi, je suis désolée : je ne suis pas Argentine. Je suis ici pour un an (maintenant 10 mois d’ailleurs) et quand je retournerais en France, la première chose que je raconterais sera les fêtes, les aventures abracadabrantesques, les voyages « routards », les marques de bières, les bars « in », les insolites, … mais certainement pas ton regard qui, de l’autre côté de la rue, sur ton balcon, m’a interrogé, un samedi, sur l’avenir de l’Argentine … Lo siento y lo lamento. En serio.
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Publié à 09:09 le 19-sep-2006 |
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Si Julie va devenir une disciple d'Amstrong, autant dire qu'à BA les vélos n'existent pas ... ou les cyclistes n'existent plus... Ce n'est pas que les Argentins ne sont pas écolos ou anti/alter mondialistes ... c'est juste un instinct de survie !!! Pour tout vous dire, je n'ai vu, depuis ce petit mois que je suis à 11 097 km de ma très chère capitale à moi, que 2 aventuriers de Khô-Lanta à vélo (enfin ce qu'on appelle communément un vélo : c'est davantage une barre de fer reliant 2 roulettes, de taille différentes cela va sans dire ....) à qui on devrait décerné le prix Nobel du courage et de la folie !!!! J'ai aussi perdu 10 kg en voyant un roller-man en plein milieu de l'avenue la plus circulante de BA : je me suis dit que j'allais pour la 1ère fois de ma vie voir un homme mourir ... : comme une lâche (je suis catholique : la mort me fait nécessairement peur !), j'ai fermé les yeux en priant tout ce que j'avais pour qu'il se sorte vivant de ce capharnaüm (et qu'on ne me pique pas mon sac-à-main en même temps !!!). Tout ce qui est plus petit qu'une roue de voiture et qui n'a pas de protection en tôle est très peligroso au royaume del coche ! En effet la plupart des klaxonnes ne fonctionnent plus (souvent d'ailleurs volontairement) ou ne sont pas installés (ça doit être en option ici !!!). De toute manière même quand ils sont installés, ils servent davantage à dire « bonjour » à un pote dans la voiture à côté qu'à avertir le pauvre piéton, plan à 2cm des yeux, sacs de tous les côtés, lunettes en demi-lune, pommé au milieu de l'avenue ... Oui oui il y a beaucoup de cimetières à BA et beaucoup de charters de rapatriements de piétons accidentés !!!!! C'est d'ailleurs pour cela que le gouvernement argentin lance une grande politique de formation et de recrutement de médecins et sobre todo d'urgentistes !On peut même mourir dans le bus ! Vous voulez prendre le colectivo : c'est à vos risques et périls ... Par contre, vous avez un éventail de choix de blessures ou de morts (bon elles ne s'achètent pas encore sur internet mais ça va sûrement venir !). Il y a la classique projection de l'arrière du bus jusqu'au pare-brise ou inversement ; sa variante : la projection contre une vitre latérale ; l'intoxication par gaz ; la compression entre les portes ; la chute sur la voie publique face à l'ouverture surprise de la trappe (voire de son inexistence) ; l'aspiration par la porte (elle s'ouvre automatiquement à partir du moment où le bus roule à moins de 5km/h : l'hiver quand il pleut c'est très agréable) ; la dénutrition et la déshydratation : comme il n'y a pas de plan de bus, on ne sait jamais où descendre et on peut donc facilement passer une semaine (je relèverais le pari, promis) sans descendre du bus ; l'arrachage d'une partie de ses doigts lorsque l'on met notre monnaie dans le tourniquet de paiement (d'ailleurs on choisit notre prix : 0.70 ou 0.80 pesos, tout dépend de notre humeur !!!) ... Mais il y a aussi les risques « hors » bus (et oui on se croit enfin en sécurité lorsqu'on descend de ses engins du futur, et bien non !) : la traditionnelle douche, la surdité face au coup de klaxonne (ce qui paradoxalement nous sauve la vie : comme le bus ne s'arrête pas pour autant lorsqu'il nous assène un coup de « tuuuuuuuuuuuuuuuuut tut tut », on sursaute tellement haut, qu'on se retrouve progeté sur le trottoir ou del'autre côté du carrefour !), l'amputation d'un bras quand on appelle le bus et qu'il a décidé de ne pas s'arrêter, le coup du moustique collé au pare-brise, ... Pour tout vous dire, j'espère innover et trouver de nouvelles aventures ... je vous tiens au courant, enfin si je peux !!!Du coup, le touriste ébahi et inexpérimenté, pas jackass pour deux sous et ayant attendu 2 heures le bon bus (l'exploit déjà de savoir lequel prendre), préfère lever nonchalamment la main et héler un taxi. Ça doit être les couleurs jaune et noire qui rassurent : le rouge du colectivo rappelle certainement trop le sang. Mais une des premières choses à savoir en Argentine : exceptées le blanc et le bleu, les couleurs sont toutes associées au danger. Aussi, pour 10 pesos vous allez n'importe où dans BA, si votre cœur n'a pas lâché avant ! Même Papi, tout tranquilo, cigarillo à la commissure des lèvres, yerba maté à proximité et écoutant du tango, va se transformer en Schumacher et Maradona : Schumi pour la vitesse (pas le contrôle par contre : et oui les lunettes doubles foyer épaisses de 5 cm auraient du vous mettre la puce à l'oreille !) et Maradona pour la coke qui circule dans ses veines ! On a en prime la voix rocailleuse de notre Johnny national et une liste de vocabulaire argotique voire de dragueur pathétique pour certains (d'ailleurs les pauvres techniques de dragues sont totalement globalisées) et la traditionnelle question : « De dondé sos ? », assortie de la traditionnelle réponse « De Francia » et de la traditionnelle réflexion « Que lindo ! » ! Par contre ils sont tous très gentlemen : ils nous ouvrent systématiquement la portière ! Ils ont des valeurs tout de même ... Et puis on peut, sauf exception (hmmmmm), fumer !!!En gros, le subte (métro) reste le transport le plus sûr (sauf sur la ligne historique, la linea A, où les portes ne se ferment qu'extrêmement rarement mais où des affichettes préviennent tout de même le voyageur qui serait dans la lune, de ne pas s'approcher des portes !). Le seul problème c'est que non seulement c'est nécessairement beaucoup moins funny que le bus et qu'en plus le réseau en semi-étoile ne relie pas tous les endroits de la ville ...Ah non j'oubliais le plus insolite : les charrettes ... Si si !! En plein trafic, on peut voir un p´tit vieux (psychologiquement très fort !!) ou un p'tit bambin bien inconscient dirigé sa monture comme il peut, sifflet à la bouche pour prévenir de sa direction (ce qui, vu le bruit, reste très souvent utopique !). Ayons aussi un mot pour le pauvre bougre qui doit être dopé aux tranquillisants pour pouvoir supporter toute cette agitation routière ... !
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Publié à 06:20 le 4-sep-2006 |
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Nous voilà partis pour aller skier dans la station la plus huppée d'Argentine. Départ mercredi soir à 19h20 exactement ... Bon ça commence assez mal parce que forcément mon Norvégien n'avait pas compris l'heure du rendez-vous, ni le moyen de transport choisi ... : du coup à 19h10 on est toujours dans le taxi, bloqués en plein milieu de BA, totalement à l'arrêt ... Après des milliards d'appels entre Yan, l'Ambassador (c'est-à-dire J-B) et moi - on avait rendez-vous à la Tour des Anglais à 19h .... - on décide, mon Norvégien et moi, de lâcher le taxi et d'y aller en courant ... Connaissant ma passion et mon enthousiasme pour le sport, en ajoutant le fait que je devais porter mon sac, vous imaginez bien que j'étais enchantée face à cette idée ... Mais bon pas le choix ... Surtout que c'est mon Norvégien qui avait les tickets de bus de tout le groupe !!!!! Après parlementassions avec le chauffeur de taxi qui, non seulement n'avait pas voulu que je fume dans son taxi - ce qui est extrêmement rare ici - mais en plus qui ne voulait pas qu'on prenne nos affaires dans le coffre - alors qu'on était arrêté depuis 1/2 h au même endroit ..., on paye et chargés comme des cartoñeros et des mulets - il a fallu que Thomas (mon Norvégien) emmène sa guitare .... !!! - on se met à courir entre les voitures en plein milieu de l'avenue del Libertador ... Folklo au possible : mon sac à roulette se retourne toutes les 2 secondes, j'ai la clope au bec et mon sac à main, connu pour son four-tout habituel, se renverse ... On n'a plus que 5 minutes pour faire 3 kms ... autant dire que j'ai dû me transformer en Marie-José Perec ... et j'ai même pensé - mais 1 millième de seconde seulement je vous rassure - arrêter la clope. Mais voilà Dieu ne voulait pas que Thomas se muscle davantage mais par contre il voulait que je meurt à 25 ans d'un cancer : 2 cuadras (c'est-à-dire 200 m) plus loin, le trafic est fluide : la rage quoi ... !!! Qui est ce connard qui a eu un accident sur cette avenue à ce moment ... !!! Bon on tente de rechoper un taxi (encore toute une histoire) et j'appelle de suite Yan pour lui demander de supplier le chauffeur du car de nous attendre ... Forcement, alors que les taxis foisonnent à BA, on galère pour en trouver un de libre ... Finalement nous voilà installés dans une voiture style années 60 assez en ruine !!!!!!!! Tel un pilote de F1 - il y a des restes de Fandjo en Argentine quand même !!! - nous sommes à la gare routière en 2 min top chrono ... !!!!!!!! Et c'est reparti pour une course (avec des sauts de sacs assez spectaculaires) dans la gare routière pour trouver le bon terminal ... : c'est un peu un aéroport pour bus !!!!! Cette fois-ci je pense 2 millièmes de seconde à arrêter la clope : j'ai du, cette fois-ci jouer à M-J Perec más L. Jones !!!!!! Bon finalement, le bus nous attendait : « ¿ Federika ? » « ¡ Si Si !!! » ... Le chauffeur se marre en nous voyant dans un état de décomposition totale, rouge comme les bofs qui cuisent pendant 4 h sur la plage, et me faire engueuler par Yan et J-B ... !!! Mais le côté positif : je suis super au taquet dans le bus ... : en gros les Français mettent l'ambiance !!!!! Forcément c'est pas trop du goût de J-B et mon Norvégien ne comprend rien du tout.... !!!!
Mais bon ça y est, c'est parti pour 20 h de car !!!!!!!!!!!! Pour ne pas déroger au stéréotype français, dès le début on annonce la couleur : Marine fait sécher ses chaussettes, Yan enfile son super bonnet et ses lunettes-qui-font-des-yeux-de-mouche et je ne tiens pas en place ... : on va au ski, en Patagonie, dans la Cordillère des Andes, au mois d'août !!!!!!!!! Bon les conneries continuent forcément : je renverse la moitié de mon vin sachant que j'en avais quand même assez bu pour être « happy » ; on se met à chanter les chansons traditionnelles des voyages en voiture et/ou en car, et on se bat avec Yan ... !!!!!!!!!!!!! De son côté, J-B ne peut pas dormir face au bruit assourdissant de son voisin dormeur - et comme tout le monde se demande quand il n'a pas ses règles dans le mois - nécessairement il râle !!!!!!!!!!! Finalement il trouve un siège bien devant et bien loin du ronfleur ! Tout s'arrange !! Puis la télé se met en marche : à part les quelques blondes du car, personne ne regarde le film avec Heather Locklear et Hilary Duff cherchant le Perfect Man ... sauf J-B !!!!! Il dit se reconnaître dans les bofs qui draguent l'héroïne de Melrose Place ... !!! Il parait qu'il y a un 2nd degré ... ha bon ??? Du coup on s'endort tous comme des bébés, la tête pleine de rêves et d'impatience - Yan et Marine ont payé pour 2 sièges, on se demande encore pourquoi, vu qu'ils n'en occupaient qu'un, collés l'un à/sur l'autre , mais j'avoue ne pas trop avoir regardé si c'était « à » ou « sur » l'autre qu'ils étaient !!!
7h30 du mat : je ne suis pas déçue : le mozo (= serveur) du car nous réveille, avec le bruit aussi agréable que celui du réveil le matin, pour le p'tit Dej ... Alors là, beldent obligé : on se décroche le dentier en admirant le soleil se lever en plein milieu de la pampa argentine !!!! Couleurs fushia profond, turquoise, vert-bleu, jaune-blé, ... ; étendue immense (je ne dirais pas à l'étasunienne parce que el enemigo argentino es los EEUU !!!) à perte de vue, ciel azul pur, ... tout ceci avec un café fumant .... Il ne manquait qu'une petite cigarette !!! Oui oui, une petite larme m'a coulé le long de la joue, je l'avoue ! Et c'est peu dire : pure et chauvine parisienne que je suis, j'ai été réellement touchée et émue par le monde de la faune et la flore. D'ailleurs personne n'a rien dit : 1/2h où l'homme se sent tout petit face à l'œuvre de Dieu ou du Grand Horloger, au choix ! Et plus on roule, plus on découvre des paysages qui nous interdisent de parler : canyons, lacs, steppes, ... et enfin massif andin !!!! - Bon je rassure les citadins : je ne me suis pas inscrite à Save Your Planet et je ne compte pas être la voisine de Florent Pagny non plus ... mais c'est vraiment impressionnant ! -Sinon la pause clope est vraiment la bienvenue à Neuquen !!! Mon record perso par ailleurs : 3 en 7 min !!! Faut dire que ça faisait 15h sans nicotine ... et la perspective de 5 autres heures m'a boostée !! C'est fou ça : on peut fumer partout en Argentine (boutiques, coiffeur, université, bibliothèque, supermarché, etc) mais il a fallut que le taxi et le bus soient non-fumeurs ... je soupçonne mon Norvégien - évidemment non fumeur car trop « I love nature » - d'y être pour quelque chose ... !!! Enfin ma dose de nicotine et mon haleine de tabac retrouvées, les 5 heures de bus passent plus que rapido !!! Tout le monde dans le car a sorti son appareil photo pour prendre des photos - je vous dit pas le résultat avec le reflet de la vitre .... ! - et joue aux Jap ! Du coup on se sent tout de suite moins touristes : même les Argentins jouent aux parfaits petits asiatiques !
Arrivés à Bariloche : taxi, direction La Sureña (littéralement « une habitante du Sud »), petit chalet montagnard typique où tu négocies le prix de ta chambre !!!!! Alors là, commence notre périple vestimentaire ... Eh oui ! Qui emmène des affaires de ski dans ses 32 kg de bagages réglementaires ??? Bon forcément mon Norvégien ... mais il avait nettement moins la classe que nous !!! Enfin tout dépend de quelle classe on parle ... On a en effet tourné un nouvel épisode des Bronzés : Les Bronzés font du ski en Patagonie !!! Combinaisons années 70, rose, jaune, rouge, violette, bleue craignos ... et bien flashis, trop larges mais trop courtes. Les skis n'en parlons pas non plus : il ne manquait que la graisse de phoque pour les affûter !!!!Bon pour 20 pesos on va pas râler quand même ... et ça fait des superbes photos !!!! Bon de tout le groupe, c'est bien J-B qui a eu, à l'unanimité, le rôle de Jean-Claude Duss, le p'tit chauve qui tente de conclure : il a décidé le 2ème jour de skier sans combinaison (donc en jean avec un jogging en dessous ...) et de se mettre en mode « je-drague-tout-ce-qui-bouge » ... Faisant semblant de prendre des photos du groupe, il essayait de prendre les serveuses .... !!!! Ah le Lillois !!!!! Le problème c'est qu'en Argentine, il a une tête de petit-fils de nazis exilés mêlée à un gaucho-campesino de la pampa adepte de la bière ... Les filles huppées-chiques de Bariloche préfèrent les minots argentins-ritals !!! Mais sur un malentendu, ça peut toujours marché ... surtout qu'avec l'espagnol de J-B, des malentendus il y en a !!! C'est même des « pas entendus » ... !
Bon qu'a-t-on vu d'insolite pendant ces 4 jours - excepté le style transcendantal de Yan à la Ben Laden et la chute fantastique de J-B au bout de 2 min top chrono... - ? On m'a vu dans toute ma splendeur lunaire c'est-à-dire que sur le 1er telesiège, j'ai perdu une bague et le soir un bracelet, et qu'à la mi-journée je me suis tapé un carambolage magnifique avec un connard sur une piste verte !!! A part ceci, on a pu observer que la neige rend les Argentins euphoriques : ils vont encore plus vite qu'en voiture, en contrôlant encore moins leur bolide humain ; ils dansent le tango à ski (ce qui a valu, je pense, un p´tit mal de dos au Papi qui m'a fait danser....) ; des rastas men font un barbec sur les pistes ; des téléskis à 2 places (du coup avec J-B, j'ai un peu galéré... !) ; des drapeaux Quilmes (bière argentine par excellence) partout ; des « après-skis » (pas les moonboots mais des soirées post-ski à 18h, ma foi, pas si mal) ; des œufs où on prie pendant 1/2 heure pour qu'ils ne se décrochent pas ; une « police des pistes » contrôlant (tout en étant corrompue !!!) le trafic de drogue dans la Cordillère entre le Chili et l'Argentine ; des militaires qui tentent un chasse-neige sans succès, ce qui les rend ridicules mais bien argentins ; des casinos en bas des pistes... et comme partout des bouts de chou qui apprennent à skier ; des snow-boardeurs beaux à mourir, sauf quand ils enlèvent leur masque de ski et qu'ils ont une trace tue-l'amour au possible ; des pisteurs à l'haleine « Colgate fraîcheur campagne » ; des pin-ups en Gucci, Dior et bottes « poils de chiens » accompagnées de leur petit toutou (à savoir le mari friqué ou la saucisse sur pattes avec son manteau assorti au vernis de Madame) ; des Saint-Bernards en peluche avec l'inscription bien argentine « I love Patagonia » dans un cœur nécessairement, etc !!! Finalement skier dans la Cordillère des Andes en loupant les cours, avec des allures de folies, la clope au bec et l'American Express de Papa comme financement ça n'a rien d'exceptionnel .... !!!!
Bon je vous épargne le trajet aussi routinier qu'à l'aller et avec les mêmes films - excepté que le mozo, me voyant dans un état de nervosité cardiaque dangereux pour le reste des passagers du bus, m'a emmenée dans le coin des chauffeurs pour fumer ... et boire accessoirement (il y avait un air de déjà vu, style Crit Rennes où le chauffeur fait des blagues alcooliques !) - et l'arrivée chaotique à BA à 10h du mat le lundi, où après 20h de bus, on est allé directement en cours avec nos vêtements de ski et la tête à l'envers, le mascara coulant mais tout bronzé - sans la marque des lunettes : trop la classe !! -. Mais du coup, le cours sur la conquête du désert de l'ouest argentin par les pionniers a intellectualisé notre expérience !!!!
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Publié à 06:16 le 4-sep-2006 |
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Borges détesterait ce système de blog : la vie se vit, se voit, se veut ... mais elle se découvre aussi certainement à travers les yeux des autres : les autres, ce n'est pas toujours le grill. Il n'est donc pas ici question de vous raconter ma vie, de faire le tour de ma p'tite personne, de regarder mon nombril que je vous décrirai ou d'avoir des nouvelles de moi. Trop impersonnel, trop exposé. Je vais plutôt tenter de vous exposer ma vision, en tant que Française et Parisienne-chauvine de surcroît, de cette "ciudad de la luz donde el tango se baila en la calle". Vision qui sera ponctuée des impressions et des dires des étrangers (étasuniens pour la plus part - on parle de la colonisation espagnole et/ou portugaise ?????!!!! - norvégiens, italiens et coréens) ainsi que de quelques remarques argentines à notre sujet ... Bien sûr Sc Po oblige, il y aura, de manière plus ou moins implicite, des dimensions historiques, économiques, politiques, culturelles, sociologiques, etc !!! Bon je vous épargne le plan - qu'il soit en 2 ou 3 parties - ! Le masque vénitien en place, juego entre les odeurs, les couleurs, les barios, les bars, les parcs, les boutiques, les taxis, les bus ... et les Argentins !
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Publié à 06:13 le 4-sep-2006 |
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